Tuesday, 24 July 2007

Salvador : Le Train de Calçada

Devant la gare, un cireur de chaussures qui ne sait pas que les trains aux passagers de cuir sont souvenirs du passé. Il attend quand même.


Ici aussi sa Maria Fumaça. Aucune plaque et bien sûr personne au courant.


« À quelle heure le prochain train ? »


« Midi trente. »


Il est midi cinq, j’ai le temps d’aller manger. Café de la garé. Midi vingt-deux, je sors. Le train s’éloigne.


« Oui, il y a du retard aujourd’hui… »


Sous ponts où brûlent les feux clodos, taudis aux tympans éclatés de klaxons ferroviaires, maisons pitié, jardins bananes cocos mangues papayes, puis crique, pont, bicoques cageots plantées dans la glaise et la gare en quarantaine, trois fois plus longue que le train, qu’il était beau de loin. Devant une maison au toit béant, une pile de tuiles à vendre, halte panique en hurlement de roues sur rails, famille sur la ligne, têtes à sacs aux fruits de mer. On s’arrête, ils traversent. Fin de ligne dans herbes ensablées.


Aller-retour, 40 cts, une heure, douze k plus les courbes.


Au suivant.

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