Fortaleza : Cathédral de Sé
Également à côté de la pousada est le Catedral da Sé, véritable horreur élevée au nom du St Ciment avec, sur le parvis derrière, parking à 1 R$ de l’heure (ou fraction).
L’intérieur, par contre, est spectaculaire. Bunker géant au gris de guerre tout teint en œuf de pigeon, colonnes carrées et spots millewatts, haleine de vitrail soufflée sur les murs et vitraux éblouissants. Je regarde, atterré par l’intensité de tous ces rouges, violets, bleus et mauves aux tons Lurçat qui jaillissent flamboyants des murailles plates, hautes, dures et pures.
Au sud-ouest, l’apparition de la Vierge encadrée de lys et d’astres jaunes narcisses. À ses pieds, quatre roses de pétales écarlates. Sa voisine, une beauté norvégienne. Au-dessus, au centre d’une autre rose trois mètres de large, paradoxe de lumière enchâssée par elle-même, source de lumière qui remplit, fluide, l’œil et l’émotion, le sagrado coração en transparent.
Derrière, soleil en fondu descendant, les anges ailés ne tiennent plus, s’enflamment kaléidoscope dans une fournaise qui brûle les yeux et vernit les bancs d’une richesse cognac-whisky-armagnac. Du marron qui luit.
Partout, oranges, turquoises, améthyste et bleus arrachés de naissances galactiques, fusions de couleurs en pluie tressée, torrents de rouge, rouge sang, rouge noir, rouge comme l’œil du diable, et vert comme la douce et malléable nappe de frangipane sur un gâteau d’anniversaire.
Mais drôle. Dans tout cet éblouissement de joie couleur, de mosaïque-cristal et lames fragmentaires, ces mauves profonds à peine visibles et rouges qui coulent, c’est l’étrange simplicité de construction grise qui capte l’imaginaire. Immense, immuable, ancrée. Rome.
Une femme, après l’Amen de ses prières au premier rang, laisse tomber une pièce dans l’urne des aumônes. Malgré le fond bruyant de moteurs dans la rue, l’écho carillonne.
Je sors et je regarde de nouveau. Curieuse laideur de crapauds empilés. Mais ce n’est pas ça. C’est la forme. Construit pour donner une impression d’angles à 5º du vertical, c’est le blockhaus de l’éternité.
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